Fais ce que dois
Advienne que pourra.
La pratique a pour but essentiel et final, sinon unique, de faciliter l'évolution spirituelle du pratiquant.
La tradition donne diverses définitions d'une pratique, mais ici il, nous allons évoquer
"l'action désinterressée".
cette définition part de la constatation qu'a chaque instant de notre vie quotidienne, meme lorsque nous nous croyons contraint de faire telle ou telle chose, nous restons toujours libre de choisir, et nous en avons la pleine responsabilité.
la question essentielle à laquelle la pratique répond est:
comment faut il choisir, et selon quels mobiles, entre deux ou plusieurs possibilités qui s'offrent à nous a un moment donné?
En fait, si inattendu que ce soit, elle nous confère une plus grande liberté.
De nombreux sages, maitres ont souligné que la pratique est particulièrement bien adaptée à notre époque.
Le But
L'homme idéal est celui qui, au milieu du plus profond silence et de la plus grande solitude, trouve l'activité la plus intense et qui, au milieu de l'activité la plus intense sait trouver le silence et la solitude du desert.
Et pour cela il n'est pas besoin de croire à aucune doctrine quelle qu'elle soit.
Néanmoins, comme les grands maitres dont les enseignements nous sont parvenus, sont profondémment religieux, il est évident que la pratique soit présentée dans cette perspective.
La pratique est la communion avec notre principe universel, la nature meme de l'esprit, par le travail,
dans le sens de recherche de notre propre nature, notre nature absolue.
Le but meme de la pratique est le meme que toutes les autres,
c'est à dire la réalisation.
En ce sens, le travail n'est que l'instrument nécessaire ,
accomplir les oeuvres en union étroite et profonde communion avec cette nature ultime, avec l'universel autour de nous et le transcendant au dessus de nous,
ne pas se laisser enfermer dans le mental humain emprisonné et séparateur,
ne pas etre esclave de ses injonctions ignorantes et de ses suggestions étroites.
2) L'efficacité
Quelle que soit la façon dont on se représente le but à atteindre par la pratique, que ce soit avec la communication avec notre nature ultime, l'arrivée au plan de conscience de l'absolu, la prise de conscience de sa propre vérité, ou meme une plus grande libérté dans la vie, tous ces "buts" que le bouddhisme ou l'hindouisme désigne par le terme géneral "libération" , la pratique y conduit. tout aussi bien que n'importe quel autre pratique.
Certains pensent que certaines pratiques sont inférieures ou supérieures... c'est là une grande erreur.
Beaucoup de nos camarades s'imaginent que l'action est contraire à la liberté, or, nous n'obtiendrons jamais de résultat si nous cherchons à réaliser l'infini en dehors du domaine de l'action.
Si nous déclarons que nous voulons réaliser le Brahman uniquement dans l'introspection et le laisser en dehors de notre activité exterieure, que nous voulons jouir de sa présence par l'amour dans notre coeur, mais non l'adorer par l'exterieur, ou encore si nous disons le contraire, nous équilibrons mal notre charge dans notre longue marche vers la vérité et nous allons tout droit à la chute.
S'il est sans attachement, le travail est un moyen d'arriver au but de la vie, qui est notre nature de bouddha
Par le seul travail, l'homme peut parvenir là ou le Bouddha est arrivé par la méditation, là ou le christ est arrivé par la prière.
celui qui pratique l'action désinteressée réalisera le brahman comme conscience, car l'action sans désir est supérieure à la connaissance jointe à la pratique, l'état sans désir est la libération.
3) La technique
On peut résumer comme suit;[/c]
a) il est impossible à l'homme de rester sans agir.
b) L'homme ne doit donc pas se proposer pour but l'inaction.
c) certaines actions ont un caractère obligatoire.
d) il ne faut pas désirer les fruits de l'action.
e) il ne faut pas avoir d'attachament pour l'action.
f) il ne faut pas se considérer comme l'auteur de l'action.
g) l'action ainsi faite n'enchaine pas son auteur.
h) accesoirement , la pratique est "l'habileté dans les oeuvres".
L'homme ne peut pas rester sans agir;
Cette affirmation a évidemment un caractère théorique; et prépare à la deuxième,
l'inaction ne doit pas etre un but, qui est de nature pratique.
Nul ne demeure un instant sans action.
Tout etre est inévitablement contraint à l'action,
meme la vie physique ne saurait se maintenir sans action, et enfin;
Certes les etres incarnés ne sauraient renoncer à toute action.
Dans ce monde, il est impossible de ne pas agir,memun seul instant, ce que disent de nombreux sages.
Donc, nul ne peut éviter le travail...
le fait de dire, "je suis" ou "je pense" implique un travail, c'est une loi de la nature,
nous ne pouvons pas vivre un seul instant sans travailler,
sans le travail l'existence meme serait impossible.
Travailler est la nature meme de notre etre, tout comme la fleur est de répandre un parfum...
il nous faut etre actifs;
nous ne pouvons pas faire autrement...
meme si l'homme est immobile et apparemment inactif, ses organes intérieurs, le mental et l'intellect, sont toujours actifs.
La cessation complète de toute action est chose impossible.
C'est d'ailleurs un fait qu'une simple reflexion nous permet de constater.
Dans l'immobilité physique la plus absolue, la pensée subsiste, et meme si l'on parvient à l'arreter, (le plus souvent on ne fait que l'imaginer), les fonctions naturelles du corps (respiration, circulation, etc.) ne s'en poursuivent pas moins.